Changer de vie, vous y avez déjà pensé :

LA FONDATRICE DE BULLES DEs CÉVENNES, UNE savonnerie artisanale, NOUS LIVRE SON PARCOURS

Août 2018

Direction les Cévennes. 

Nous avons rapporté dans nos valises le portrait de Lucile, 31 ans - qui en parallèle de son métier d'ingénieure paysagiste, a lancé sa boutique de savons faits-main.

Une rencontre à l'image de son slogan, "Naturel[le], tout simplement".

Bulles des Cévennes

Salles du Gardon,

près d'Alès, dans le Gard...

C'est par là!

Bonjour Lucile! Tu es ingénieure paysagiste et, depuis peu, artisane savonnière! Comment gères-tu ces deux activités en parallèle?

J’ai la chance de pouvoir exercer mon métier d'ingénieur en temps partiel. J'en profite pour me reconvertir en douceur dans la savonnerie. Je me consacre à mes savons du jeudi midi… jusqu'au dimanche! Je travaille donc 7 jours sur 7, mais j’essaye de ménager du temps pour ma famille.

En fait, mon métier de paysagiste et mon métier de savonnier ne sont pas totalement dissociés... au travers de mes savons, j'ai voulu traduire des ambiances et des paysages de ma région! Aussi bien par leurs senteurs (lavande, amande douce, garrigue...) que par leurs noms :  « Aux portes des Cévennes », « La bambouseraie », « Baignade en rivière »…

"Mon métier de paysagiste et mon métier de savonnier ne sont pas totalement dissociés... au travers de mes savons, j'ai voulu traduire des ambiances et des paysages de ma région!"

Racontes-nous les étapes de ton projet de savonnerie, depuis le tout début !

Tout à commencé lorsque je vivais aux Antilles. C'est là que j'ai découvert le savon, dans la boutique d'une petite savonnerie artisanale, riche en couleurs et en odeurs... J’ai commencé à en faire chez moi, dans ma cuisine.

 

De retour en Métropole, l'idée d'un nouveau projet de vie a fait son chemin. Après un premier stage dans la Drôme, j'ai décidé de me former de manière plus sérieuse à la savonnerie et à la réglementation cosmétique.

J'ai donc suivi une formation de « Savonnier à froid » à Forcalquier, entre avril et mai 2017, en parallèle de mon métier. En octobre 2017, j'ai basculé à temps partiel, et quelques mois plus tard, ma savonnerie artisanale a officiellement vu le jour!

 

En mars 2018, une campagne de financement participatif m'a permis d'acheter mes matières premières. L'objectif a ensuite été de produire d’un coup un stock assez important, qui sera en vente à partir de cet été.

Cette vente, je l’espère, devrait financer à son tour l’achat de nouvelles matières premières.

Bulles des Cévennes

 Pourquoi on AIME 

 les SAVONS de Lucile? 

  • Des ingrédients 100% NATURELS

 

  • Des huiles végétales 100% BIO

  • Un procédé de saponification à froid qui PRÉSERVE LES PROPRIÉTÉS des huiles et des argiles

  • Une présence NATURELLE de la glycérine qui donne une SENSATION DE DOUCEUR

  • Des savons riches en HUILE D'OLIVE qui traduisent des ambiances et des paysages du Sud (garrigue, lavande, amande douce...)

Passer de l'idée à la concrétisation de son projet n'est pas chose facile. Quel a été l'élément déclencheur qui t'a poussée à te lancer?

 

Le ras-le-bol de l’intellect! J’ai toujours fait marcher mon cerveau, mais jamais mes mains... je saturais du cerveau!

Pour vous résumer mon parcours, après le bac, j’ai passé un concours d'école d'ingénieur du paysage. J'y ai donc étudié 5 ans, puis quelques mois avant l'obtention de mon diplôme, je me suis dit : pourquoi ne pas passer un concours pour aller encore plus haut? Au final, mon profil m'a appelée à exercer des missions de management dans lesquelles je ne me retrouvais pas.

J’avais envie de créer quelque chose de mes mains.

 

Et puis, la dimension écologique était très importante pour moi. J'ai des convictions assez fortes dans ce domaine là. J'avais envie de faire quelque chose moi aussi!

Beaucoup ont déjà pensé changer de cap dans leur vie, lui donner plus de sens. Aujourd'hui, c'est mission réussie pour toi! Comment te sens-tu depuis ce nouveau départ?

J'aime énormément faire quelque chose de concret, des produits que je peux tenir dans mes mains et que je peux vendre. J'en avais besoin... 

Ce qui me plaît aussi, c'est d'être libre de décider de mon emploi du temps, de ne dépendre presque que de moi, après mes clients bien sûr!  

Et travailler à 1 mètre 50 de chez moi, franchement c'est génial! [Ndlr : Lucile a installé son atelier juste... mais vraiment tout juste à côté de sa maison!]

Bulles des Cévennes

"Les huiles exotiques ne me parlent pas trop.

Je voulais quelque chose qui sente le local,

et éviter dans la mesure du possible le transport d’huiles venues des quatre coins du monde !

Je m’approvisionne auprès d’entreprises

près de chez moi."

Prendre un tel virage professionnel n'a pas dû être sans surprise. Qu'est-ce que tu aurais aimé savoir avant de te lancer?

Je m’imaginais en me lançant dans la savonnerie que j’allais pouvoir élaborer plein de recettes différentes! En réalité, cet aspect créatif est limité par les coûts liés à la réglementation... En effet, chaque recette, pour être conforme à la réglementation, doit être validée par un toxicologue. Vu le coût de cette évaluation (au minimum 150 euros par recette), on ne peut pas se permettre de créer de nouvelles recettes tous les jours! Et une fois qu'une recette est validée, on ne peut plus rajouter ou enlever un ingrédient, à moins de financer une nouvelle évaluation!

L’aspect créatif est donc présent au début, quand on élabore ses recettes. Après, on se fixe sur une gamme ! Mais il y a d'autres domaines où je peux me faire plaisir : le packaging, mon site web, l'organisation de mon stand sur les marchés...

Attention aussi à ne pas sous estimer le temps nécessaire ! Il faut élaborer ses recettes, les tester, les réajuster en fonctions des retours... puis pour l'évaluation par un toxicologue, il y a souvent des délais de 3 mois minimum.

 

 

Que dirais-tu à ceux qui ont fait de longues études et qui se sentent appelés par un autre domaine?

 

C’est très compliqué, quand on a obtenu des diplômes, de dire à un moment « je me suis planté ». En fait, c’est complètement tabou.

 

Il faut se dire que ce n’est pas parce qu'on a passé des concours, des années dans les écoles, que changer de voie n'est plus possible... On peut très bien faire complètement autre chose et avoir sa place dans la société! 

Lire des livres, ça peut aider aussi... Moi j'ai un livre au pied de mon lit qui parle des gens qui ont de hauts diplômes et qui décident de se reconvertir. Ça m'a bien aidée car je m'y suis bien retrouvée. Je me suis dit « super! En fait, c’est presque classique ce que je suis en train de faire, il y a plein de gens comme moi! » [Ndlr : La Révolte des premiers de la classe - Métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines, de Jean-Laurent Cassely, éditions Arkhé]

Pourrais-tu nous livrer tes conseils pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans l'entrepreneuriat ?

Parler de son projet à son entourage. D'une part, on reçoit souvent beaucoup de conseils et de soutien. Aussi, en fonction de la réaction des gens, on peut sonder si l'idée vaut le coup ou pas.

Et puis, les gens sont très curieux et demandent des nouvelles du projet, c’est bien, ça met un peu de pression!  Une fois qu'on en a parlé à tout le monde, on ne peut plus reculer!

Beaucoup d'aides existent pour se lancer, mais attention, elles dépendent du statut choisi pour l'entreprise et du domaine d'activité dans lequel on se lance. Par exemple, il y a plus d'aides pour les sociétés que pour les micro-entreprises. Et en fonction du code NAF de votre domaine d'activité, vous pouvez ou non en bénéficier.

Bulles des Cévennes

 RENDEZ-VOUS DANS LES COULISSES

DE la fabrication de savons artisanaux

UN MATÉRIEL PLUTÔT SIMPLE

« J’utilise des casseroles, des moules, une découpeuse… des étagères pour faire sécher les savons. Des ustensiles que l’on a dans sa cuisine en somme!

Mon atelier, c’est une extension de mon logement que j’ai aménagé en cuisine, pour que tout soit lavable, conformément aux exigences réglementaires. »

 

ATTENTION TOUTEFOIS

« Je conseille de suivre une formation sérieuse et ne pas négliger l’aspect réglementaire. En tant que savonnerie artisanale, vous êtes soumis à la réglementation cosmétique. Vous devez notamment appliquer les bonnes pratiques de fabrication. »

Et avant de penser à en faire votre activité principale, sachez également

qu'il est assez difficile de vivre uniquement de la fabrication et de la vente de savons artisanaux, à moins d'en produire de très grosses quantités.

Il vous faudra donc penser à étoffer votre offre avec d'autres produits!

retrouver les produits de Lucile?

 

  • Au marché de la Grand Combe, le samedi matin

 

  • Vous pouvez également la rencontrer sur des marchés d'artisans, des foires bio vers chez elle, dans le Gard

Savons artisanaux Bulles des Cévennes

La fabrication du savon

"Je fabrique mes savons par une technique artisanale, la saponification à froid.

Les huiles végétales sont peu chauffées, juste ce qu'il faut pour les rendre liquides. On les mélange avec de la soude. On remue bien le tout et une réaction chimique se produit alors entre l'huile et la soude, donnant le savon!

C'est comme faire un gâteau! Une fois qu’on a notre pâte, on peut y ajouter ce que l’on veut. Comme on ajouterait des pépites de chocolat ou des copeaux d’amande, moi je peux y ajouter des argiles, des fleurs de lavande, de la poudre de sève de bambou, du miel…

Enfin, on moule les savons et on les fait sécher!"

Les savons à froid sont faits à la main - il n’y a pas d’autre manière de les faire - souvent sur des toutes petites quantités !

Conseils pour choisir son savon artisanal

On trouve de tout derrière le terme "artisanal". Sur un marché, si vous voulez vous assurer qu'un savon a été produit par un artisan savonnier, vérifiez qu'il porte l'adresse et le nom de l'artisan ou de la société, ainsi que la liste des ingrédients... pas en français, ni en latin mais selon la norme européenne INCI !

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